Vous étiez des dizaines de milliers, malgré la chaleur, à participer au festival Les Invites. À contempler, à déambuler, à rire, à danser et à vous mettre au diapason de ce formidable élan, au rythme de la centaine de représentations et de concerts qui ont électrisé Villeurbanne. Du Tonkin à Saint-Jean, en passant par l’avenue Henri-Barbusse, le Totem, les Ateliers Frappaz ou encore les parcs des Droits-de-l’Homme et de la Commune-de-Paris, vous étiez là, nombreux. Très nombreux. Sans vous, les Invites ne serait décidément pas ce festival pas pareil.
Alors merci à chacune et chacun d’entre vous d’avoir répondu à l’invitation. À celle de la Ville de Villeurbanne, à celle des Ateliers Frappaz, à celle des habitants, à celle des artistes, à celle de toustes celles et ceux qui font Les Invites. Merci d’avoir permis à cette 19e édition d’être une grande célébration collective et populaire, le poing levé et le déhanchement caliente.
Durant 3 jours, la convergence des luttes s’est faite ici, à Villeurbanne, ville-monde, carrefour des cultures, porte-voix des artistes et des enjeux qui traversent les arts de la rue autant que la société. Durant 3 jours, nous avons assisté à des manifestes intimes, des fanfares rock’n’roll, des manèges faits maison, des corps en suspension, des chevaux mécaniques, des transes collectives, des performances qui débordent dans le métro, des textes qui cognent, des histoires fantastiques et comiques, des concerts qui twerkent, des machines poétiques, des carnavals enflammés, des utopies portatives, des œuvres contemplatives et vertigineuses.
Parce que la fête est aussi politique, parce que la résistance aux replis identitaires passe aussi par le rire et la joie, ce festival a servi de projecteur pour mettre en lumière l’invisible, battre le pavé en rythme et en cadence et préparer la riposte. Parce que face aux bruits des bottes, il y a le tonnerre des canons à confettis, façon bazookas.
D’où la nécessité, comme le rappelle la journaliste Nadja Pobel sur Sceneweb, que les acteurs culturels poursuivent la réflexion portée par le collectif Livrer Bataille autour des coupes budgétaires qui affectent le secteur culturel. « Nous défendons le droit de créer. Pas demain, pas quand les conditions seront réunies, pas quand les budgets seront définitivement morts, mais maintenant », affirme Nadège Prugnard, directrice des Ateliers Frappaz et directrice artistique du festival. Car « on a le goût de feu dans la bouche et on fait de la vie une fête » (extrait d’un article de Stéphanie Ruffier dans L’Humanité). Ici, on ne désarme pas, on se réunit et on fait plus de bruit.
MERCI, vivement la 20e édition et rendez-vous en 2028 !
Photo © Lucas Frangella/Ville de Villeurbanne